mardi 25 avril 2017

Fille de l'air



Après Le Livre des secrets, (portraits de trois générations de femmes en Nouvelle-Zélande entre le XIXe et XXe siècles), Fiona Kidman nous livre la biographie romancée de Jean Batten, pionnière de l'aviation néo-zélandaise. Jean a le caractère bien trempé et sait dès le plus jeune âge qu'elle veut piloter un avion. Seulement, elle doit faire accepter l'idée à ses parents puis aux hommes et à la société de l'époque. Elle doit aussi trouver l'argent pour prendre des leçons de pilotage et trouver un mécène pour financer ses traversées autour du monde. Mais rien n'arrête Jean Batten.

Un beau portrait de femme indépendante et déterminée.

Laura 

Retrouvez ce livre à la librairie : Fille de l'air, Fiona Kidman, Editions Sabine Wespieser

vendredi 14 avril 2017

D'après une histoire vraie




Louise est élève en première et a passé quelques jours au rayon poche pour découvrir le métier de libraire. Nous lui avons donc demandé de partager avec nous l'un de ses coups de cœur...
 

L'histoire d'une amitié malsaine et obsessionnelle... Quand notre héroïne rencontre L. lors d'une soirée, elle ne se doute pas une seconde de l'allure que va prendre sa vie. En effet, cette femme va très vite occuper une place dangereusement indispensable.

L'auteure de Rien ne s'oppose à la nuit nous emmène ici dans un récit où le vrai est difficile à dissocier du faux, de nombreux éléments de la réalité étant mêlés à l'imaginaire de Delphine de Vigan. Elle crée un effet très réaliste mais aussi très troublant qui va amener une tension et tenir en haleine le lecteur jusqu'à la surprenante fin.

mardi 11 avril 2017

Le poche qu'on aime / le poche du fond des rayons #18





Le poche qu'on aime en Avril



« Nella l’applaudit en silence et reste face au soleil, sa chaleur rare en octobre, pour en profiter tant qu’elle le peut. Cette portion du Herengracht fait partie de la Courbe d’Or, mais, à ce jour-là, le canal est brun et banal. Les maisons qui se dressent sur le quai couleur de boue sont phénoménales. Admirant leur reflet symétrique dans l’eau, majestueuses et superbes, elles sont les joyaux qui font la fierté de la ville. Au-dessus de leurs toits, la Nature s’efforce d’exister, avec ses nuages safran ou abricot, échos des richesses d’une république glorieuse. »

Lorsque Nella quitte son village pour épouser un riche marchand d'Amsterdam, elle ne s'attend pas à trouver un foyer froid et un mari absent. À à peine dix-huit ans, elle rêve d'amour et d'avoir des enfants. Nous sommes à l'automne 1686 et la jeune fille tombe de haut lorsqu'elle reçoit en guise de cadeau de mariage une miniature de sa nouvelle maison. Décidant d'en prendre son parti, elle passe une commande auprès d'un miniaturiste qui va peu à peu lui révéler les secrets de la maison en lui envoyant des figurines plus vraies que nature...

Un récit exceptionnel ! Dans la veine des textes de Tracy Chevalier, celui-ci nous entraîne aux Pays-Bas à la fin du XVIIème, une époque qui laisse peu de place aux femmes... Et pourtant, les personnages féminins de cette histoire sont denses, intelligents, révoltés aussi. Grâce à une héroïne curieuse et attachante, le lecteur est plongé au cœur des mystères de cette famille, entre non-dits et phénomènes parfois étranges... Un premier roman exaltant qui mérite largement son statut de best-seller tant on a du mal à le quitter !

Retrouvez ce livre à  la librairie : Miniaturiste, Jessie Burton, Editions Folio



Le poche du fond des rayons


« La nuit passa comme passent toutes mes nuits, avec pour seuls rêves des rêves du lieu où je me trouvais. C’est comme si je possédais un œil désincarné qui fonctionne de manière autonome lorsque je dors, qui étudie la terre qui m’entoure avec l’intensité du rêve et emplit ensuite mon esprit éveillé d’une connaissance du terrain plus grande que je ne l’imaginerais possible. Mes nuits sont presque toujours ainsi, et mon œil travaille, et je connais mon chemin à l’avance sans jamais me tromper. »

Depuis des années, un homme passe ses journées à marcher seul dans un lieu reculé des Etats-Unis, une sorte de montagne que les gens du coin appellent "la Lune". La Lune est une vaste étendue désertique de pierres grises sur laquelle rien ne pousse. Personne ne connaît l'histoire de ce marcheur qui se perd dans ses souvenirs, ses rêves et de nombreuses digressions... qui permettent peu à peu au lecteur de découvrir son passé de tueur professionnel pour l'armée américaine. De cette époque, William Gasper a gardé un certain nombre d'ennemis, dont peut-être cet homme étrange qui le suit...

Avec L'homme qui marchait sur la Lune, Howard Mc Cord produit un texte inclassable. Une tension très particulière nous tient en haleine du début à la fin et nous plonge au cœur de l'histoire de ce personnage atypique. Il s'agit d'un des premiers romans publiés aux éditions Gallmeister, que les amoureux de Nature Writing connaissent bien. Le titre n'échappe d'ailleurs pas à ce genre puisque Gasper est très lié à la nature et évolue en communion avec elle. Une étiquette à laquelle on peut accoler celles de conte philosophique et de thriller, offrant ainsi une lecture intrigante et incontestablement marquante. C’est donc avec enthousiasme que nous vous recommandons ce récit quasi... lunaire.

jeudi 30 mars 2017

PIégée



Fin 2010 à Reykjavik, dans un contexte socio-économique difficile.
Nous suivons Sonja mère de famille séparée, qui s’est fait piéger par son avocat et est devenue passeuse de cocaïne. À cette spirale infernale, notre héroïne est fermement décidée à mettre un terme. Très intelligente, elle a un plan secret pour s’en sortir. En attendant d’avoir réuni suffisamment d’argent dans l’espoir d’obtenir la garde de son fils, elle agit le plus prudemment possible et pour son travail d’un genre particulier, change à chaque fois de mode opératoire afin de mieux brouiller les cartes.

Toutefois, un agent des douanes proche de la retraite, que sa hiérarchie aimerait pousser vers la sortie en ces temps de crise, veille au grain et voit d’un œil suspicieux les allées et venues de cette femme à l’allure si impeccable. Va-t-il décider de suivre son intuition ?
Tandis que le jeune fils se morfond de ne pouvoir partager plus de temps avec sa mère, Sonja tente de trouver une échappatoire à ce microcosme terrifiant.
Si cette piste principale occupe une bonne partie de ce premier volet d’une trilogie plus que prometteuse, d’autres ramifications voient le jour au fur et à mesure de la lecture hautement addictive. Mais nul besoin de trop en dire !
 Les chapitres brefs imposent un rythme soutenu et haletant. C’est sans complaisance ni pathos que Sigurdardottir, auteure de romans noirs et également de théâtre, narre cette histoire qui pose un autre regard sur l’Islande.
Les personnages tous crédibles confèrent à ce roman noir une légitimité qui fait parfois froid dans le dos.


À lire sans modération !

Anne-Sophie

mercredi 29 mars 2017

Un fils en or



« C'était, à certains égards, toujours pareil quand il revenait ici : il retrouvait ces sensations bien connues, il marchait moins vite, il parlait de façon que son débit s'adapte à celui de sa famille. Pourtant, à mesure que les années passaient, il sentait s'agrandir la distance entre les deux mondes où il vivait, et son pays d'adoption lui manquait autant que celui qu'il quittait. Ce serait toujours ainsi, il l'avait compris, toujours ce tiraillement entre la terre qui l'avait vu naître et celle qu'il avait choisie. »

Panchanagar, village à l'ouest de l'Inde. C'est ici que vit Anil, jeune homme issu d'une famille aisée et influente. Étudiant en médecine, il fait la fierté de ses parents qui espèrent toutefois qu'il deviendra, comme son père, celui qui arbitre les conflits du village. Mais Anil est sélectionné pour parfaire sa formation dans un hôpital américain, au Texas et abandonne l'existence relativement tranquille à laquelle il était habitué. En quittant le pays, il s'éloigne de sa culture, se découvre d'autres rêves, d'autres coutumes... tout en travaillant extrêmement dur et en étant soumis à une importante pression. En Inde, il a laissé son amie d'enfance, Leena, pour qui il a beaucoup d'affection mais qu'il ne peut pas épouser parce qu'elle est d'une caste inférieure. La jeune femme est alors mariée à un homme bien sous tous rapports qui s'avère vite appartenir à une famille qui considère Leena comme une domestique et recèle quelques secrets peu reluisants...

La richesse de ce roman réside dans l'alternance de deux points de vue : celui d'Anil entre États-Unis et Inde et celui de Leena qui vit dans la pure tradition indienne. Chacun dépeint ainsi un pan différent de ce pays et de sa culture, de ses traditions... ce qui profite au lecteur qui se trouve plongé au cœur de la vie de famille, dans les descriptions de mets typiques et délicieux ou encore de cérémonies diverses. Un moyen aussi de découvrir l'univers de la médecine américaine ! Grâce à une plume efficace, l'auteure de La fille secrète nous entraîne dans le destin de ces deux personnages attachants qui luttent, à leur façon, pour s'en sortir. Un roman aussi passionnant que touchant.

Camille

Retrouvez ce livre en magasin : Un fils en or, Shilpi Somaya Godwa, Folio, 8€20